Suite à la constatation que ma pédale de freins était parfois quelque peu spongieuse, qu'elle continuait à s'enfoncer doucement une fois entrain de freiner, et que, parfois même, elle allait en bout de course en ayant un effet relativement limité, j'étais déjà intervenu sur les freins de Spitty 2 pour procéder à un changement des flexibles et des cylindres de roues arrières, avec l'aide (ou plutôt «en aidant» …) mon garagiste préféré. Le symptôme étant réapparu après quelque temps, et malgré l'assurance du garagiste qui ne voyait pas de fuite au maître-cylindre, j'ai donc décidé de le changer. Voici comment j'ai procédé.
Achat et préparation
Après avoir hésité sur le fournisseur, je me suis rabattu sur Rimmer Bros., même si j'aurais préféré trouver un fournisseur signalant publiquement l'origine de ses pièces. La bonne surprise est que le MC que j'ai reçu était un vrai TRW, ce qui est rassurant puisque TRW est un fabricant de pièces reconnu, héritier de Girling (le fabricant de la pièce d'origine). Cela n'empêche peut-être pas la pièce d'avoir été produite en Chine, mais c'est toujours mieux que du sans marque. Petite note en passant, j'ai cherché sur le net si d'autres fournisseurs ne proposaient pas la même pièce, et elle semble assez difficile à trouver : visiblement, ce maître-cylindre n'est plus fabriqué, les fournisseurs doivent vivre sur leurs stocks.
Les pièces se trouvent ici, j'ai pris le maître-cylindre tandem ref. GMC226 correspondant à ma voiture, mais également une paire de vis ref. SF605071 et de rondelles GHF332, afin de remplacer la celles d'origine si elles étaient rouillée. Elles l'étaient un petit peu, mais auraient pu resservir. En revanche, j'ai omis de commander les vis de fixation du support de maître-cylindre (A priori, ref. HU705P), qui pour le coup avaient beaucoup plus souffert des fuites de liquide de frein. Il faut également commander une goupille ref. PC9, indispensable car la précédente aura été tordue pour bien la fixer.
À la réception, j'ai découvert que le maître-cylindre était couvert d'une peinture dorée, protectrice mais peu esthétique (l'original est argenté). Je l'ai enlevée en frottant à l'acétone. J'aurais sans doute du y appliquer une couche de peinture argentée en plus ; je ne l'ai pas fait, car je n'osais pas déposer le réservoir, mais vu que cela se fait facilement et est de toutes façons nécessaire pour la suite des opérations, j'aurais du le faire.
Dépose de l'ancien maître-cylindre
L'opération a l'air facile, mais si vous comptez le faire rapidement, comme c'était mon cas, oubliez ça tout de suite.
Il faut bien entendu commencer par vider le réservoir. Pour cela, j'ai utilisé une poire à purge, tout bêtement ; on en trouve à 5 € chez Norauto, et probablement ailleurs. Le point le plus profond du réservoir est à l'aplomb du bouchon, ce qui permet un vidage simple et efficace.
Pour la dépose elle-même, savoir comment procéder pourra aider, donc, voici : n'espérez pas vous en tirer en ne défaisant que les deux vis SF605071 retenant le MC à son support. Commencer par les défaire est une bonne idée, mais celle du haut ne peut sortir complètement, à cause du réservoir, tandis que celle du bas est difficilement accessible. Il n'y a pas de secret : il faut défaire les 4 vis (a priori, donc, HU705P) qui solidarisent le support de maître-cylindre au tablier. Ensuite, on peut relever la protection en caoutchouc, et retirer la goupille qui rattache le bras du maître-cylindre à la pédale.
Une fois que tout cela est fait, disposer une bonne quantité de chiffons sur le tablier, sous le maître-cylindre, afin de parer aux gouttes de liquide de freins qui ne manqueront pas de tomber des tuyaux lorsqu'on va retirer le machin. Rappelons-le, le liquide de freins est extrêmement corrosif ! Une goutte oubliée une minute sur la peinture, et un rien plus tard, elle n'est plus là … Donc, il faut vraiment mettre double dose de chiffons pour protéger le tablier. On peut alors retirer le réservoir : pour cela, il faut retirer les deux goupilles, et simplement tirer le réservoir vers le haut. Attention aux projections de liquide de freins ! Ensuite, dévisser les écrous qui fixent les tuyaux au maître-cylindre ; si, comme moi, votre voiture est une 1500 dont le numéro de série est supérieur à FH80000, ce sont des écrous métriques - précisément, du 11.
Une fois que c'est fait, il suffit de retirer le maître-cylindre. Dépourvu de son réservoir, il doit pouvoir facilement se reculer, en se penchant un petit peu, pour se dégager du tuyau de la commande de l'embrayage.
Réfection du tablier et du support
Si vous êtes comme moi et que votre vieux maître-cylindre a fui, vous allez vous retrouver avec le tablier et le support de maître-cylindre attaqués par la rouille. J'en ai donc profité pour les poncer et les repeindre.
Une petite brosse métallique montée sur perceuse (ou mieux, sur Dremel) est quasiment indispensable pour le tablier, car l'accessibilité, si elle n'est pas suffisamment catastrophique pour empêcher le travail à la brosse manuelle, n'est quand même pas franchement géniale. On peut aussi travailler au papier de verre. Pour ma part, je ne disposais que d'une brosse manuelle et d'une brosse nylon sur perceuse, ce qui ne m'a permis qu'un ponçage très médiocre.
Ensuite, disposer des protections (sans oublier d'emballer le tuyau de l'embrayage) et appliquer de l'apprêt :
Laisser sécher le temps qu'il faut (j'ai compté une douzaine d'heures), et appliquer la peinture (j'ai utilisé les bombes vendues chez Rimmer, qui correspondent parfaitement à la teinte d'origine neuve, telle que retrouvée par mon carrossier) :
Durant le séchage, on peut s'occuper du support de maître-cylindre, qui est plus facile à travailler puisqu'il est déposé. La brosse métallique s'impose encore pour le ponçage, mais une manuelle peut suffire, j'ai également travaillé au papier émeri.
Les opérations sont les mêmes : ponçage, mise en apprêt, et peinture (noire, et non couleur carrosserie).
Remontage et purge du circuit
Une fois les pièces sèches et les protections retirées, on peut remonter le nouveau maître-cylindre. Pour commencer, déposer le réservoir : tout ce qu'il peut faire est gêner.
Ensuite, mettre le support puis le maître-cylindre en place, en passant par derrière le tuyau d'embrayage. Il faut un peu tournicoter, mais ça se fait assez facilement. Ne pas encore les visser, mais déjà mettre la vis SF506071 (qui fixe le maître-cylindre à son support) supérieure en place, car une fois que le réservoir sera en place, on ne pourra plus la remettre !
Ensuite, procéder au revissage des tuyaux dans le maître-cylindre. Il faut qu'ils soient bien en face, sinon, l'écrou ne mordra pas. Ne pas hésiter à bouger le maître-cylindre (puisqu'on ne l'a pas encore revissé, admirez l'astuce !), ni à forcer un peu sur les tuyaux. Une fois qu'ils sont bien vissés, on peut remettre le réservoir et visser le support sur le tablier, et le maître-cylindre au support.
Ensuite, on peut rétablir la liaison pédale-maître-cylindre, sans oublier de mettre une goupille PC9 neuve, et remplir le réservoir, dont il faudra bien surveiller le niveau pendant la purge.
Car oui, évidemment, il faut ensuite purger le circuit, qui a profité de sa nuit pour se gorger d'air par les tuyaux ouverts. L'opération est classique, mais loooongue et fastidieuse : il y a vraiment beaucoup d'air à enlever ; on purge tout le circuit, depuis le début ; ça n'est pas comme si on avait juste changé un flexible ou un cylindre en bout de circuit ! Pour ça, un outil peut venir au secours du débrouillard judicieux : le tuyau de purge muni d'un clapet anti-retour. J'ai pris le mien chez Norauto, ce modèle-là : un peu cher sans doute, mais bigrement pratique ! Le clapet anti-retour, s'il n'est pas aussi efficace que la fermeture de la vis de purge, permet de limiter grandement le retour de l'air et du liquide purgés. Avec lui, pas besoin de passer deux heures sur chaque roue, a voir la purge ne pas fonctionner : il suffit de pomper comme un Shadok sur sa pédale de frein, mais alors vraiment comme un Shadok qui aime pomper : le vieux liquide va d'abord sortir, puis plein de bulles d'air, et enfin, le liquide propre.
Bien entendu, on purgera dans l'ordre habituel : d'abord la roue la plus éloignée du maître-cylindre (l'arrière droite, sur une conduite à gauche, donc), puis celle qui l'est un peu moins (l'arrière gauche), puis celle qui est un peu plus proche (l'avant droite) et enfin la plus proche (l'avant gauche). Et une fois que c'est fait, il ne faut pas hésiter à refaire un tour sur chaque roue, histoire de vaincre les dernières bulles.
Ensuite, si la pédale est bien dure, on peut rouler !





. Et écouter des cassettes, même si c'est
quasi-impossible de les éjecter après !


. Allez, 



, et au
boulot. Notez en passant la petite astuce pour éviter que le silencieux ne
pendouille lorsqu'il sera détaché d'un côté, également bien pratique pour le
maintenir à la bonne hauteur :














