Encore un week-end automobile sans spit : après le salon
champenois du véhicule de collection, suivi du dépot de Spitty 2 chez le
carossier, ce week-end était celui du retour à la compétition, avec la 12°
Ronde Historique de Bourgogne du Simca Racing
Team. Sans oublier la Spit, que j'ai pu aller visiter lundi après-midi
!
Victoire au SRT
Rendez-vous samedi matin aux aurores (j'ai réussi à négocier 8h, mais Roger
aurait voulu plus tôt !) sur le parking de l'espace Tabourot, à
Saint-Apollinaire, pour un départ du rallye à 9h. Ballade dans le parc avant le
départ, tandis que Roger, fidèle à son habitude, stresse sur ma capacité à bien
lire le roadbook !
Il y a un peu moins de partants que l'an
dernier, 59 alors qu'on était 70 la fois précédente. Peu importe, le niveau
sera relevé ! C'est aussi l'occasion de rencontrer monsieur le maire de
Saint-Apo, Rémi
Delatte, député et père d'un ancien camarade de classe, ce qui permet de
prendre des nouvelles.
Après un petit briefing, c'est le départ. Le numéro 38 attribué à l'Audi
Quattro de Roger nous permet de patienter une bonne demi-heure, ce qui est
l'occasion de vérifier le fonctionnement des stylos, du tripmaster (et un p'tit
tour en ville pour Roger, qui crut tout d'un coup qu'il ne marchait plus
! Fausse alerte, heureusement …) et du cadenceur, un petit outil fort pratique
pour la régularité. Suivront 150 km de balade au roadbook assez tranquille,
sans difficulté particulière, avec une alternance de moyennes à tenir de 50, 49
(avec contrôle), et à nouveau 50. C'est l'occasion de profiter du beau temps,
et donc de regretter que la vitre passager de l'Audi soit toujours
impossible à baisser ! Les joies des vitres électriques sur une bagnole qui a
mon âge … Seul hic, à
Verrey-sous-Drée, le roadbook annonce un croisement compliqué ; si on
compte exactement les distances et les dessins, on est tenté de continuer sur
la D114, donc de partir du mauvais côté … Évidemment, après, ça se complique :
sur le premier partiel, la distance est bonne mais le dessin du croisement ne
va pas, et ensuite rien ne va plus. En fait, je pense que l'erreur vient du
fait que les distances font compter le croisement en T juste avant la rivière
comme faisant partie du fameux croisement compliqué : les distances collent.
Mais ça n'était visiblement pas le cas … Bref, nous avons été jardiner sur 2
km, et nous n'avons pas été les seuls. Heureusement, le contrôle de temps de
passage était situé juste avant le fameux croisement, on a donc
échappé au pire ! Et comme Roger a gardé ses réflexes de rallyman, rattraper le
temps perdu est tout à fait possible, même s'il faut pour cela doubler quelques
autres concurrents en mordant sévèrement sur le bas-côté !

La pause-déjeuner a lieu à Darois, comme l'année dernière, ce qui permet de
récriminer, comme l'année dernière, sur les voitures qui ne suivent pas le
roadbook et entrent sur le parking par le mauvais côté ! Plateau-repas froid
simple mais pas mauvais, et discussion sympathique avec un équipage de jeunes
sur Autobianchi A112 Abarth
70HP, dont le pilote connaît Roger pour raisons professionnelles (il fut
acheteur chez Carrefour, et Roger PDG de charcuterie).

Le temps jusqu'au départ est ensuite l'occasion de discuter avec les autres
équipages, notamment un équipage langrois sur R8 Gordini qui nous précédaient
d'un numéro, et derrière lesquels on est effectivement restés, sensiblement
à une minute, durant toute la matinée. Ils ont l'air très professionnels,
et récriminent contre des erreurs de roadbook … que je n'ai pas relevées,
hormis le croisement compliqué de Verrey-sous-Drée.
L'après-midi reprend sous les mêmes auspices et le même ciel bleu que le
matin, avec une partie de régularité au roadbook sans difficulté
particulièrement notable ; la conjonction du calcul du temps optimal de passage
et de l'emploi du cadenceur nous permettant d'arriver à la fin de l'étape pile
au moment choisi … et une minute après nos amis Gordinistes, ce qui peut
provoquer quelques soucis au moment de l'enregistrement du temps de passage :
le commissaire notant le temps d'un retardataire pressé, n'était pas disponible
pour noter les nôtres (nous avons pu descendre de voiture et annoncer nos
heures d'arrivée) ; résultat si la nôtre était bien notée, la Gordini s'est vue
noter un passage une minute plus tard que la réalité, le commissaire était
submergé par deux équipages arrivant en même temps pour lui demander de noter
des heures différentes ! Je ne sais pas s'il a pu corriger, mais cela
expliquerait peut-être bien des choses pour la suite …
La partie suivante était une épreuve de cartographie, avec moyenne à tenir.
On nous remet donc une photocopie de carte Michelin au 1:200000 et un calque
portant un trajet dessiné : avec ça, à nous de trouver le point de départ et le
point d'arrivée. Pas forcément évident, surtout qu'il faut le faire en 10
minutes ; le temps de tourner le calque, de le retourner … et ce sera à peine
suffisant pour passer le trajet au feutre fluo sur la carte. La ballade est
ensuite assez simple, mis à part deux passages dans des villages où le tracé
officiel passe par de toutes petites rues à peine visibles ; l'emploi d'une
carte à plus grande échelle aurait quand même permis de mieux s'y retrouver.
C'est l'inconvénient des villages bourguignons sur carte Michelin : une rue de
3m de large et 50m de long, au 200000ème, ça ne se voit pas des
masses … Quand elle est là pour faire joli, ça ne gène pas, mais quand il faut
décider s'il faut la prendre ou passer par celle d'à côté, alors qu'il n'y en a
qu'une sur la carte, ça se complique légèrement !
Néanmoins, nous avons pu nous en tirer sans
trop de dommages, et relever les chiffres figurant sur les 3 panneaux fichés en
bord de route en guise de contrôles de passage. Heureusement, d'ailleurs,
qu'ils n'étaient pas placés dans les villages ! Deux fois de suite, on a quand
même fait demi-tour pour aller vérifier ; sans utilité mais sans regret - des
fois que ! Tout ça n'était pas extraordinaire pour le maintien de la moyenne,
le rattrapage de la distance perdue sur le tripmaster devant se faire à
l'estime, mais visiblement, ça a bien marché, puisque nous sommes arrivés à la
fin de l'étape … une minute derrière la Gordini !

Le retour à Darois s'est fait au roadbook et en toute tranquilité, ce qui
nous a permis une fois de plus de présenter notre feuille au point de contrôle
à la minute exacte pour valider notre moyenne - tout comme nos amis
gordinistes, même si, apparemment, il y a encore eu des soucis de saisie. La
dernière épreuve du jour est un parcours d'agilité sur un petit circuit
délimité par des plots, où les Simca 1000 s'en donnent à cœur joie, mais où
Roger n'a pas envie d'aller risquer les rotules de sa Quattro, tout comme
plusieurs autres participants d'ailleurs. Le parcours ne comptant pas au
classement, il pourra donc s'abstenir sans regret ! Ce qui n'est pas mon cas ;
j'ai proposé de conduire à sa place, mais il n'a pas voulu … Pour se faire
pardonner, il m'a trouvé une place dans une R5 Turbo2, dont la co-pilote
n'était pas emballée par le côté serré du parcours, ça sera l'occasion d'un
petit tour amusant dans ce sympathique engin !
La soirée doit normalement être occupée par un apéro, la remise des prix et
un dîner, mais Roger trouvant qu'il se fait vieux, et n'aimant pas se coucher
après le soleil, décide de rentrer chez lui. À moi, donc, la lourde tâche de
subir la torture de l'énoncé du classement (officieux, paraît-il), en
commençant par la fin. L'épreuve est génante quand tous mes voisins de table
sont passés -surtout qu'ils sont passés vite !-, mais elle l'est de plus en
plus au fur et à mesure qu'on monte dans le classement ! Passée la
15ème place, j'ai pu avoir la satisfaction de savoir que nous
serions mieux classés que l'année précédente, mais quand on passe la
10ème, la 5ème, puis la 4ème et qu'on arrive
au podium, ça commence à devenir vraiment embêtant : mince alors, ils ont du
nous oublier, on ne peut pas être aussi bien classés que ça ! Et quand passent
la 3ème, et la deuxième, et qu'on n'est toujours pas dedans, je me
demande sérieusement : «Mince alors, ils ont vraiment du nous oublier
!» … Et là, c'est l'annonce : «Le premier, je crois qu'il est absent,
car c'est un couche-tôt … Mais il nous organise des rendez-vous au Marché de
gros tous les dernier samedis du mois … Sur une Audi Coupé Quattro, Roger
Sabatier !» Et il faut aller chercher la coupe, sous les yeux des 130
personnes qui applaudissent, et recevoir les félicitations de l'organisateur,
la bise de la fille, et la -grosse- coupe !
Retour à côté des jeunes à l'Abarth, modestes 55èmes, qui ont eu
la gentillesse d'accepter de me ramener à Dijon ; la comparaison de la taille
des coupes laisse songeur … Heureusement qu'ils sont pressés, ce qui me
permettra, après un coup de fil à Roger (qui a appris sa victoire en pyjama !
), de rentrer à
Dijon en A112 Abarth. Une voiture pour contorsionniste, quand on veut s'asseoir
à l'arrière, car les sièges baquets ne se baissent pas !
Lundi après-midi, mon départ pour Orléans est l'occasion d'un petit détour
par Marcilly-sur-Tille, pour montrer la coupe à Roger et prendre des photos
:

Le truc moins drôle, c'est qu'il était tellement content qu'on ai gagné,
qu'il a voulu garder la coupe !
J'ai donc du me contenter de la plaque de
rallye …
D'autres photos du rallye ici (on n'est pas
dessus), encore d'autres
là (on est dessus).
Visite chez le carrossier
La suite de l'après-midi a été consacrée à une visite chez le carrossier,
Boulangier, situé à
Villegusien, un poil au sud de Langres. J'y avais emmené Spitty 2 quinze jours
plus tôt, le lundi suivant le salon de Reims ; il a promis de la finir pour fin
avril. Aucune intervention terrible n'est prévue : Spitty 2 est saine, mais ses
32 ans l'ont laissée avec moult petits pocs, accrocs, un coffre mal repeint qui
fait l'effet d'une peau d'orange verte, des éclats de peinture sur le capot,
quelques gouttes de peinture bleue ça et là (reste sans doute d'un oubli
de bâche par le premier propriétaire), quelques traces de torsion, là
où quelqu'un a du s'asseoir sur le capot, à moins que ça ne soit un contact
inattendu avec un ballon, et quelques attaques de rouille qui n'ont encore rien
de dramatique, mais doivent être traitées pour ne pas s'étendre et risquer de
percer le métal.
Il avait fallu commander quelques pièces, des joints essentiellement ; je
les ai prises chez Rimmer (Je voulais essayer Canley Classics, mais ils n'avaient
pas tout en stock) ainsi que quelques autres pour moi : des fusibles, au cas
où, et des mousses d'appuie-tête car les miens se délitent. Elles ont été
livrées le matin, ma visite va donc me permettre de prendre celles dont j'ai
besoin, et de déposer une paire de joints lèche-vitres que j'avais achetés du
temps de Spitty 1. C'est aussi
l'occasion de prendre quelques photos de Spitty 2, presque toute nue pour se
faire belle :

l'arrière, avec la gouttière de coffre gauche dont toute la rouille a
presque disparu grâce à un poncage intensif ; encore un petit peu, puis un
travail de brasure, et cette bonne attaque de rouille ne sera plus qu'un
souvenir !

Vue du côté, avec le moteur protégé par une couverture le temps du ponçage
;

le hard-top, déjà bien poncé ;

l'intérieur des portières a été dégarni - quelque chose que je n'arrivais
pas à faire, comme quoi rien ne remplace la main d'un pro !

les poignées de capot ont été déposées, et les déchirures dans la tôle sont
entourées afin qu'on n'oublie pas de les réparer.